L’âme vague sur la plénitude sonore…

Dans la métaphore de la vie amoureuse, Freud nous fait comprendre le fonctionnement du transfert dans le traitement psychologique. Selon sa théorie, deux parties contribueraient à la vie amoureuse : une première liée à la réalité et disponible pour la partie consciente de la personne ; l’autre partie, le besoin d’amour insatisfait, bloqué dans le développement de l’enfance, est tenu à l’écart de la conscience et de la réalité, et peut soit voyager dans le fantasme, soit rester complètement bloqué dans l’inconscient. Cette partie inconnue de l’énergie libidinale, avec la partie consciente, se déplacerait et choisirait un nouvel objet d’amour sur lequel elle serait transférée. (Freud, S. (1912-1915). Sur la dynamique du transfert in La technique psychanalytique, Paris, PUF).
La personne investie par le transfert n’est choisie que parce qu’elle correspond aux clichés ou aux “ séries psychiques ” que le patient se serait créé.
Le transfert peut être lié à différents imagos : maternelles, paternelles, fraternelles, etc… Dans cette décharge transférentielle, la libido connaît un état régressif et revit des images infantiles qui sont lancées comme une flèche vers l’inconscient du thérapeute. La pratique psychanalytique tend donc à rendre à nouveau accessible à la conscience cette partie de la libido bloquée dans l’inconscient, “ au service de la réalité ”.
A l’origine, Freud a utilisé le terme de transfert pour la psychanalyse duelle, c’est-à-dire celle entre l’analyste et le patient (sur le divan). Dans ce mécanisme ainsi créé par le père de la psychanalyse, il y a un déplacement dans l’espace et dans le temps, de la figure du patient à celle du thérapeute, des affects vécus dans l’enfance.
Il y a donc une répétition des affects qui est transférée sur le thérapeute.
LA SUPERVISION
Pourquoi est-il si important de parler de sa pratique à un contrôleur/superviseur ?
Les raisons sont multiples, en voici quelques-unes :
- parler de sa pratique à un tiers permet d’éviter que la pratique analytique ne glisse inéluctablement vers le versant imaginaire d’une relation « Moi-Moi » entre le patient et son analyste ;
- pour travailler sur son contre-transfert et sur les points aveugles qui influencent la cure ;
- pour dissiper les effets les plus néfastes de l’asymétrie de position, qui est le moteur de l’analyse : les fantasmes d’omnipotence, le désir de guérir, la confiance excessive en ses propres moyens.
Si l’on éprouve des difficultés à aborder un aspect de sa pratique, si l’on craint de l’admettre et de le partager, il est essentiel d’en parler à son superviseur.
